Dès le premier om

Pendant longtemps, je me suis plue à penser que ma pratique servait d’exutoire. Ma pratique quotidienne, celle qui commence par trois om, celle où je danse, chante et ressens ce qu’il se passe en moi en cet instant. Je me rends compte aujourd’hui qu’elle n’est qu’un prétexte parmi tant d’autres (cuisiner, étendre le linge, ne rien faire) pour faire l’expérience d’être là, entrer dans la présence de mon corps. Soit. Des grands mots qui ne veulent plus dire grand chose à part pour celui qui les vit.

entrer dans l’inspire, diffuser dans l’expire.

diffuser la conscience. entrer la tendresse. le regard tendre de l’être aimé. la voix de la nuit comme dit Muriel Mayette “tu dors?” “je t’aime” ou plus approprié ce matin “tu plies ta jambe. je t’aime” “tu ouvres le bras. tu émets un soupir. tu as mal. tu transpires. tu es paresseuse. tu es dans l’expectative. je t’aime” et la magie de glisser de la/dans la tendresse peut se faire dès le premier geste. et le suivant. et ainsi de suite, à tout moment. Mais ce qui est beau je crois, c’est de ne plus penser “à l’issue de ma pratique je me sentirai bien, dans la tendresse d’être moi” mais bien “dès le premier om, je glisse un peu de ma tendresse juste assez pour m’y baigner les pieds.”

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From the first om

For a long while, I have liked thinking that my practice was an outlet. My everyday practice, the one that starts with three om, the one where I dance, sing and feel what is happening inside of me, in that moment. I realise today that it is only a pretext among many (cooking, hanging out the washing, doing nothing) to experience being here, entering inside the presence of my body. So be it. Fancy words that don’t mean much anymore except for those who live them.

entering in the inhale, diffusing in the exhale.

diffusing consciousness. entering tenderness. the tender look of the loved one. the voice of the night as Muriel Mayette would say. “Are you asleep?” “I love you” or more appropriately this morning “You bend your leg. I love you.” “You open your arm. you sigh. you hurt. you sweat. you are lazy. you are expecting something. I love you.” and the magic of sliding from/into tenderness can happen from the first gesture. and the next. and so on, at any time. But what is beautiful I believe, is to not think anymore: “At the end of my practice I will feel good, in the tenderness of being myself” but indeed: “from the first om, I slip a bit of my tenderness, just enough to bathe my feet in it.”

À l’orée du monde

La nuit tombe, huile sur toile, 2017, 80 x 40 cm

Voici le discours que j’ai prononcé le soir du vernissage de l’exposition croisée “À l’Orée du Monde” à Mendi Zolan, Hendaye, 26 avril 2017:

Bienvenue à l’orée du monde !

Pourquoi ce titre « À l’orée du monde » ?

Nous sommes Andréa Glasman, Dominique Lahitte, Jacques Michelena, Juliette June. Quatre artistes qui ne se connaissaient pas avant cette exposition. Merci Marie-Pierre Biscay et son équipe de Mendi Zolan. Et merci à tous d’être venus ce soir. On nous a tous réuni dans cet espace au pied de la montagne, Mendi Zolan, en basque, afin que nos regards se croisent.

Deux peintres abstraits, deux peintres figuratifs. Quel est notre point commun ? Et par extension, quel est le point commun entre tous les artistes (car il y en plus de quatre parmi nous ce soir)?

Ce point commun, ne serait-il pas dans la position de l’artiste vis-à-vis du monde justement ?

L’artiste fait un pas en arrière pour mieux voir le monde, car lorsque le monde est vu, alors il se voit, il s’éveille à sa propre conscience de monde. Et je vous jure qu’il brille d’une couleur nouvelle, vibrant de la joie d’être vu.

Alors l’artiste fait un pas en avant pour mieux le sentir ce monde, mon enfant. Car le monde nous touche qu’on le veuille ou non.

L’orée du monde devient cette ligne tendue, comme un portail magique pour l’artiste qui ne cesse de faire des va-et-vient, d’un côté et de l’autre, voir le monde, sentir le monde, voir le monde, sentir le monde, voir, sentir… Jusqu’au point miracle où voir et sentir ne font plus qu’un.

Ce qui ne dure jamais longtemps.

Alors l’artiste équilibriste finit par humblement faire une exposition pour dévoiler ce qui reste de ce va-et-vient, de tous les entre-deux, et parfois même de ce point miraculeux.

Nous vous invitons donc, à l’orée du monde, à voir et sentir, et ainsi honorer cet élan qui chaque jour, nous fait prendre nos pinceaux, nos palettes et nos toiles pour rendre visible la trace que le monde à laissé sur notre âme.

Je vous souhaite une très belle soirée.

Juliette June

 

* * *

Here is the speech I gave on Wednesday 26th April 2017, on the opening night of « À l’Orée du Monde » (The World’s threshold), a group exhibition I was part of in Mendi Zolan, Hendaye, France.

«  Welcome to The World’s Threshold !

Why such a title ? « The world’s Threshold » ?

We are Andréa Glasman, Dominique Lahitte, Jacques Michelena, Juliette June. Four artists who didn’t know each other before this exhibition. Thank you Marie-Pierre Biscay and her team from Mendi Zolan. Thank you to each of you for coming tonight. We have been gathered in that space at the foot of a mountain, as Mendi Zolan means in basque, so that the way we see the world can cross.

Two abstract painters, two figurative painters. What is our common point ? And to a larger extent, what is the common point between all artists (as we are more than four in this room) ?

This common point… Couldn’t it be in the position the artist takes regarding the world ?

The artist takes a step back to see the world better, as when the world is seen, the world does see itself, it awakens to its own consciousness. And I swear it does shine with a new colour, thrilled to be seen.

And so the artist takes a step forward to feel the world better, kid. Because the world gets to us whether we like it or not.

The world’s threshold becomes this tight line, like a magic portal for the artist who keeps moving back and forth, from one side to another, seeing the world, feeling the world, seeing the world, feeling the world, seeing, feeling, seeing, feeling… until that miracle point where seeing and feeling are one.

That doesn’t last very long.

So the artist-funambulist ends up putting a show on with humility, to reveal what remains from his back and forth journey, and everything in between, and sometimes, a glimpse of this miraculous point.

We therefore invite you to the world’s threshold, to see and feel, and thus honour that impulse which makes us grab our paint brushes everyday, our palettes and our canvases in order to make visible what the world has imprinted on our soul.

I wish you a beautiful evening. »

L’espace que je suis

Là, installation, 2017

Hier soir, à Bayonne, j’ai assisté à une conférence passionnante dans la salle 100 de l’école d’Art de l’Agglomération Côte Basque-Adour, intitulée “De la Pop à la Gnose”.

Pacôme Thiellement, essayiste réalisateur, nous a raconté dans un langage littéraire entrecoupé d’argot et d’éclats de rire, comment la culture populaire peut devenir, sans que personne n’y puisse rien, un canal pour la divinité.

Comment la musique pop anglaise des années 60-70 (les Beatles avant tout), les romans de sciences fiction des années 80 (Philippe K. Dick en premier), puis les séries télé des années 90 à 2000 (Buffy et d’autres), ont-ils, dans une convergence mystérieuse, été appropriés par un public en résonance totale avec les messages transmis? Comment sont-ils devenus plus grands que leurs auteurs et producteurs et ont véhiculé des idées similaires aux textes gnostiques écrits au début du Ier siècle après JC, la plupart retrouvés en 1945 et finalement publiés en 1995 ????

Mystère et boule de gomme.

Et aujourd’hui? En 2017? dans quel média, le gnosticisme ou l’idée que le monde dans lequel nous vivons n’est pas réel, que le dieu auquel nous croyons n’est qu’un imposteur et que la vérité se trouve ailleurs, continue-t-il son chemin? Thiellement suggère de regarder du côté des moyens les moins nobles: Télé-réalité? Youtube? L’avenir nous le dira.

“Nothing is real” écrit Lennon en 1969. “Get up stand up don’t give up the fight!” chante Bob Marley quatre ans plus tard.
“L’anamnèse” signifie “se souvenir de sa véritable nature.” Quatre siècles plus tôt, Shakespeare écrivait, dans l’acte IV, scène 1 de La Tempête: “Nous sommes de la même étoffe que les songes, et notre vie infime est cernée de sommeil… “

Finalement, ne serions-nous pas comme ce prince décrit dans Le Chant de la Perle, texte gnostique de l’an I après JC? Un jour, ce prince quitte son royaume pour chercher une perle enfouie dans un lac protégé par un dragon. Mais en chemin, des hommes lui font boire une potion qui lui font oublier qui il est. Il devient un clochard pendant très longtemps, jusqu’à ce qu’un aigle lui fasse parvenir une lettre de ses parents: “Qu’est-ce tu deviens mon grand? Tu donnes pas de nouvelles, t’écris pas!” Comme le raconte Thiellement. Et il se souvient.

C’est drôle comme cette histoire fait écho avec la mienne. Moi aussi j’oublie chaque jour qui je suis. Mais j’ai un truc. Un truc dont j’ai déjà parlé. J’ai ma pratique artistique quotidienne! Sous couvert d’être une discipline qui m’aide à développer ma sensibilité par la danse, la peinture, le chant, elle est surtout et avant tout LE MOYEN que j’ai trouvé pour me souvenir de qui je suis. Me connecter à l’espace que je suis.

John Lennon a décrit cet état d’inspiration comme une vague qui est venue lui dicter ses chansons entre 1967 et 1971 et qui l’a ensuite quitté. Elisabeth Gilbert, auteure de Mange, prie, aime et Comme par magie (génialement inspirant by the way) parle de génie qui va et qui vient.

Je crois que nous pouvons cultiver cet espace, nous pouvons nous cultiver chaque jour comme un espace de possibles, créer dans notre quotidien l’espace qui permet à notre espace de se reconnaître comme tel. C’est peut-être même une nécessité.

 

Belle journée à vous!

Nouvelle June

PS: La photo plus haut est celle de l’installation “” qui parle justement de cet espace que je suis, et que je vais dévoiler à l’exposition de mai 2017 à l’Ecole d’art de l’Agglomération Côte-Basque Adour, date et heure à définir 🙂

 

 

 

Et la balade?

Olivier Passieux (mon prof de peinture à l’école d’art de Bayonne) regarde la toile sur laquelle je travaille depuis une heure et me dit: “Ben Juliette! Et la balade?”

Ah oui! La balade.

La balade?
Imaginez que vous avez décidé que vous vouliez grimper la Rhune, fameuse montagne du Pays Basque. Vous marchez d’un pas assez rapide, vous vous concentrez sur vos pieds, avec en tête l’image ultime, celle de la vue imprenable au sommet.
Mais que se passe-t-il si la Rhune a la tête dans les nuages et qu’une fois là-haut, vous ne voyez strictement rien. Vous râlez. Et là, votre compagnon de marche vous dit: “Et la balade? Elle était belle la balade pour y arriver, non?”

La balade, je l’avais oubliée, ce jour-là, trop pressée d’arriver à ce que je croyais être mon sommet. Pas de surprise en chemin, pas de caillou en forme de coeur, ni de pottioks à effleurer, pas même un vautour à admirer. Pas vu.

Alors le lendemain, j’entame une toile en me promettant de donner un peu de place à la balade, de laisser la toile me prendre par la main… voilà le résultat, sur plusieurs jours.

Le sommet = une vue de Socoa, près de mon lieu de vie.
La balade = en passant par l’abstrait, elle m’a emmenée… sur la Rhune!

Petite pause (les brebis), 2016
Huile sur toile,
65 x 81 cm

 

* * *

What about the stroll?
Olivier Passieux (my painting teacher at the Art schoo in Bayonne) looks at the painting I am working on for the last hour and says:  “What about the stroll?”

Yep! The stroll.

The stroll?
Imagine you wish to climb the Rhune (a famous mountain nearby I live). You walk quite fast, focusing on your feet, the ultimate vision in your mind, the unobstructed view at the summit.

What happens if the Rhune is hidden in the clouds and once up there, you cannot see a thing. You grumble. That is when your fellow walker tells you: “What about the stroll? Wasn’t it beautiful up to here?”

I had forgotten the stroll that day, rushed I was to reach what I thought was my summit. No surprise on the way, no heart shaped-stones, no horses willing to be stroked, not even a vulture to admire. Didn’t see any.

The day after, as I start a painting, I promise myself to give some space to the stroll, to let the painting take my hand and walk with it… here is the result, over a few days.

My summit = a seaview
The stroll = took me to abstraction and finally… la Rhune!!

Petite pause (les brebis), 2016
Oil on canvas,
65 x 81 cm

 

Urgence artistique

Voici le premier film de la série “Urgences artistiques”.

Un élan qui pousse à créer au-delà de soi, pour l’autre, pour le lien, pour le tissage de la grande nappe cosmique.

“Transfiguration” est une vidéo en réponse au travail d’Hanna-Mari Ojala, “Transference”:

Merci à tous les artistes qui existent
June

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Here is the first movie of a series called “Artistic urgencies”.
An impulse that pushes to create beyond oneself, for the other, for the bond, for the weaving of the giant cosmic tablecloth.

“Transfiguration” is my response to Hanna-Mari Ojala’s work “Transference”.

Thank you to all existing artists
June

Un an déjà. Fin du premier chapitre.

tomatesCela fait un an que j’ai créé ce blog. Un an que j’ai quitté Londres pour m’installer au Pays Basque. Un an que je peins à nouveau. Un an que je réponds à la question: “Comment puis-je intégrer, de façon permanente, ma valeur intrinsèque?” par une autre question: “Est-ce que je peux m’aimer dans cet instant?”

J’ai fait une grande découverte cette année: oui, je peux m’aimer dans cet instant. Ce n’est pas toujours facile, pas toujours direct. Mais même après la plus grosse bourde, oui, je suis là, je peux compter sur moi. Ça c’est nouveau! Et ça vaut toutes les réussites professionnelles du monde (qui était mon pilier d’origine).

Alors, comment puis-je intégrer, de façon permanente, ma valeur intrinsèque? Et bien, je ne crois pas que ce soit possible de façon définitive, une fois pour toute, je crois que c’est quelque chose qui se nourrit chaque jour… dans ma pratique quotidienne. Ma pratique consiste en une série d’exercices de 1 à 6 minutes qui m’invitent à être en contact intime avec moi-même par l’art. C’est ce qui marche pour moi. C’est comme arroser mon terreau.

Cette année, pour la première fois, j’ai planté des tomates dans mon jardin. Et bien, les pieds de tomates ont besoin d’être arrosés, ou plutôt la terre. Et la terre ne sera pas arrosée une fois pour toute, hop on n’en parle plus. Chaque jour, elle a besoin d’eau. Et moi je suis pareille, ma valeur intrinsèque a besoin de temps, d’amour, de disponibilité et d’art, de beauté, de lumière, et aussi de sons moches et de mouvements mal faits. Mais elle a besoin de moi. J’ai besoin de moi. Chaque jour.

Et naturellement, si j’arrose ma terre régulièrement, elle devient de plus en plus réceptive, elle développe une capacité d’écoute, une force et elle sera encore plus vivante l’année d’après; comme des paliers que l’on atteint et sur lesquels on peut se reposer. Je crois aussi qu’une terre même laissée à l’abandon pendant des années, peut avec le temps retrouver de l’énergie. Il n’y a pas de cas désespérés!

La réponse est donc dans ma pratique quotidienne.

Aussi, dans l’introduction de mon blog, je mentionnai mon corps comme la porte d’accès. Je commence à entrevoir que le corps n’est pas dissociable de la conscience. Je crois que c’est une seule et même chose.

J’aimerais clôturer le premier chapitre de ce blog que j’intitulerai: Fondations et ouvrir le second (dont je ne connais pas encore le titre) dans lequel j’ai envie de continuer à décrire les effets de ma pratique et surtout développer ma peinture.

Premier article du chapitre 2 très bientôt!

 

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tomatesIt’s been one year since I created this blog. One year since I moved to the Basque Country. One year since I started painting again. One year since I have been answering the question: “How can I integrate, in a permanent way, my intrinsic value?” by another question: “Can I love myself here and then?”

I have made a big discovery: yes, I can love myself here and then. It’s not always easy, not always direct. But even when I’ve made a big mistake, yes, I am here, I can count on me. THAT is new! And it is worth any professional success (which was my initial pillar).

So, how can I integrate, in a permanent way, my intrinsic value? Well, I believe you can’t do it in a definite, once and for all way… however, you can nourrish it everyday… through a practice. I do. My daily practice consists in a series of exercises from 1 to 6 minutes that invite me to be in touch with my most intimate self through the arts. That’ is what works for me. Just like watering soil.

This year, for the first time, I have planted tomatoes in my garden. Well, tomato plants need watering! And the soil can’t be watered once and for all. Every day, it needs water. Just like my intrinsic value: it needs time, and love and presence and art, beauty, light, ugly sounds and awkward movements, It needs me. I need myself. Everyday.

And naturally, if I do water my soil regularly, it will become more and more receptive, it develops new capacities of listening, new strength and the following year, it will be more alive; just like bearings you reach and can rest on. I also believe that any soil, even the ones left unloved for years, can find energy again. No desperate souls here!

So the answer is in my practice.

I mentioned in my introduction that my body was my access. I am starting to perceive that body and consciousness are one and only.

I would like to close the first chapter of this blog. I will call it: Foundations and open the second chapter (without a title for now) in which I would like to carry on writing about the effects of my practice as well as develop my painting.

The first post from Chapter 2 will arrive soon!

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Toiles récentes…

Tatchi (Et le pain?), Juliette Jeanclaude, huile sur toile, 130 x 160cm, 2016
Tatchi (Et le pain?), Juliette Jeanclaude, huile sur toile, 130 x 160cm, 2016

Que le temps passe vite! Voici mes dernières toiles…
How time flies! Here are my latest paintings…

Jour 5 de peinture (rebelotte)

nuit

Vendredi 29 avril 2016

“(…) LIBRE sans enfreindre la LOI du cosmos LIBRE sans limiter la liberté de l’autre LIBRE de pleurer libre de me victimiser libre d’admirer libre d’inventer LIBRE de croire en mon amour LIBRE de donner à l’amour toute sa puissance (…)”

Ma pratique du matin me rappelle à cette liberté de jeu tout en me rappelant mes limites. 

INTENTION JOUR 5: Etre LIBRE

C’est drôle d’ailleurs car mon prof de peinture, Olivier Passieux, nous a parlé aujourd’hui de Donald Winnicott, psychiatre anglais qui a étudié la différence entre jeu et jeu, en anglais game et play.

Game est le jeu que nous jouons lorsque nous mettons notre faux self en avant, notre moi poli, celui qui se tient bien en société, qui danse, soit, mais selon des codes.

Play est le jeu que nous jouons lorsque nous laissons notre vrai self s’exprimer, plus enfantin, celui qui met les mains dans la gadoue et crée des sculptures dégoulinantes.

En peinture, nous cherchons tous à retrouver le play. Quand Picasso dit: “J’ai mis 80 ans à peindre comme un enfant”, c’est de cela qu’il parle.

J’aime l’image du parent et de l’enfant à l’intérieur de moi. Je crois que c’est mon parent intérieur qui a mis en place ma pratique quotidienne, pour permettre de préserver cet espace de jeu pour que l’enfant en moi puisse explorer son potentiel artistique en toute confiance.

Bref, aujourd’hui, inspiré par le travail de Chris Ofili, le jeu imaginé par mon prof était de peindre une scène de nuit, puis peindre la même de jour.

Et bien je me suis bien amusée! Je suis partie des deux fonds que j’avais créée lors de mon jour 5 de peinture du 8 avril 2016 et j’ai improvisé. nuit et jour (in progress) J’ai laissé venir les formes, les couleurs et les joies du grattage!nuit

jour

* * *

April 29, 2016

“(…) FREE without breaking the law of the cosmos FREE without limiting other’s freedom FREE to cry free to victimize myself free to admire free to invent FREE to believe in my love FREE to give love all its power (…)”

My morning practice reminds me of that freedom of play while reminding me of my limits.

INTENTION DAY 5: Being FREE

It’s funny as my painting teacher, Olivier Passieux, told us about Donald Winnicott, English psychiatrist who studied the différence between game et play.

Game is when you let your false self step forward, our polite self, the one who behave well in society, who dances, but with specific codes.

Play is what you do when you let your true self express itself, more childlike, the one who gets his hands in mud and makes dripping sculptures out of it.

That’s what we look for when we paint: play. That’s what Picasso meant, when he said: “It took me 80 years to paint like a child”.

I like the image of parent and the child inside of me. I believe it is my inner parent who has put my daily practice in place for my inner child to have a space to explore its artistic potential safely. 

Anyway, today, inspired by the work of Chris Ofili, my teacher imagined the following game to play: paint a night scene, then paint the same scene in the daylight. 

I had fun playing! I started from the two backgrounds I had painted during my Painting day 5 on april 8 and I improvised. nuit et jour (in progress)

I let shapes come, and colors and the joy of scratching! nuit

jour