Cours de peinture #11 OMBRE ET LUMIERE 2 (VOLUMES)

Euan Uglow
  1. INSPIRATION

Aujourd’hui nous allons poursuivre notre étude des ombres et lumières en nous inspirant du travail méticuleux, hypnotique, sublime du peintre anglais Euan Uglow.

  1. INVESTIGATION

Euan Uglow (1932-2000 London), a étudié à Camberwell School of Art 1948-50 et The Slade School of Art 1950-54. Il a influencé de nombreux artistes dont Robert Dukes avec qui j’ai pris plusieurs cours à Londres.

Il utilise une méthode de mesure aux traits enseignée par son professeur William Coldstream et qui est devenue son signe de reconnaissance puisque toutes ses œuvres sont parsemées de marques horizontales et verticales correspondant aux coordonnées des points de mesure.

  1. INVITATION

TEMPS : 120 minutes.

OUTILS : Fusain ou crayon, huile/acrylique, support.
Pour la nature morte : Un objet sphérique (une balle, une pomme), un cubique ou rectangulaire (un bougeoir, un livre) et un complexe (une sculpture ou autre).

Pour la lumière : Positionnez votre source de lumière de telle sorte qu’elle recouvre soit 1/3 de l’objet (priorité ombre), soit 2/3 de l’objet (priorité ombre).

FORME : Peignez les trois objets, les uns après les autres sur un même support papier/toile.

Etape 1 : Dessinez chaque objet au fusain ou crayon. Marquez les ombres les plus évidentes en hachurant dans le sens de l’objet.

  1. Pour le cube, on a trois « parcelles » : face, côté, dessus. Chaque parcelle a sa nuance. Les hachures sont tantôt horizontales, diagonales ou verticales pour « dire » à la fois l’orientation de la surface de la parcelle (debout, couché, en biais) et sa nuance (clair, intermédiaire, foncé).
  2. Pour la sculpture, on divise le dessin en « parcelles » : une parcelle équivalent à une orientation et une nuance. Les hachures épousent les formes ainsi délimitées.

Etape 2 : Comme pour la tasse la semaine dernière, créez une palette de nuances (clair, intermédiaire, foncé) pour chaque objet et peignez les « parcelles de surface » correspondantes aux nuances.

Cours de dessin #11 OMBRE ET LUMIERE 2 (VOLUMES)

 

Euan Uglow
  1. INSPIRATION

Aujourd’hui nous allons poursuivre notre étude des ombres et lumières en nous inspirant du travail méticuleux, hypnotique, sublime du peintre anglais Euan Uglow.

  1. INVESTIGATION

Euan Uglow (1932-2000 London), a étudié à Camberwell School of Art 1948-50 et The Slade School of Art 1950-54. Il a influencé de nombreux artistes dont Robert Dukes avec qui j’ai pris plusieurs cours à Londres.

Il utilise une méthode de mesure aux traits enseignée par son professeur William Coldstream et qui est devenue son signe de reconnaissance puisque toutes ses œuvres sont parsemées de marques horizontales et verticales correspondant aux coordonnées des points de mesure.

  1. INVITATION

TEMPS : 90 minutes.

OUTILS : Un crayon 2B ou 3B, une feuille, une gomme, un taille crayon.

Pour la nature morte : Un objet sphérique (une balle, une pomme), un cubique ou rectangulaire (un bougeoir, un livre) et un complexe (une sculpture par exemple).

Pour la lumière : Positionnez votre source de lumière de telle sorte qu’elle recouvre soit 1/3 de l’objet (priorité ombre), soit 2/3 de l’objet (priorité ombre).

FORME : Dessinez les trois objets, les uns après les autres sur trois ou un même support papier.

La sphère 

  1. On dessine l’autre côté de la sphère comme en cours de maths pour comprendre la forme.
  2. Les hachures circulaires épousent la forme, plus serrées dans l’ombre.
  3. L’ombre portée est hachurée à la fois à l’horizontal pour marquer la surface plane du sol et courbe. 

Le cube 

  1. On dessine le cube et en pointillé le dos invisible.
  2. On a trois « parcelles » : face, côté, dessus. Chaque parcelle a sa nuance. Les hachures sont tantôt horizontales, diagonales ou verticales pour « dire » à la fois l’orientation de la surface de la parcelle (debout, couché, en biais) et sa nuance (clair, intermédiaire, foncé).
  3. On ajoute l’ombre portée.

La sculpture (ou autre forme complexe)

  1. On trace les contours de la sculpture.
  2. On divise le dessin en « parcelles » : une parcelle équivalent à une orientation et une nuance. Les hachures épousent les formes ainsi délimitées.
  3. On ajoute l’ombre portée.
Euan Uglow, two pears, 1999

Cours de peinture #10 LE MATIN DE NOËL (OMBRE ET LUMIÈRE)

1. INSPIRATION

La semaine dernière nous avons fait le point. J’ai entendu une demande de liberté, de lâcher prise et aussi de technique et méthode pour mieux maîtriser la peinture. Voici une méthode simple qui vous permet d’appréhender l’ombre et la lumière par les valeurs. Je vous invite à créer votre propre nature morte ou installation sur le thème « Le matin de noël ». Tout simple.

2. INVESTIGATION

Jean Siméon Chardin (1699-1779 Paris), « maître de la nature morte ».

Paul Cézanne (1839-1906 Aix-en-Provence) post-impressionniste, «conforme à son authentique sentiment intérieur et transposant la sensation visuelle dans une construction purement plastique”.

Pablo Picasso (1881 Malaga-1973 Mougins)

3. INVITATION
TEMPS : 90 minutes.
OUTILS : Peinture gouache, acrylique, huile.

Pour la nature morte : Un à cinq objets qui vous font penser au matin et/ou noël. Dans mon exemple : une tasse, deux clémentines, une boule de noël sur un carton posé près d’une fenêtre. Si vous souhaitez ajouter une cuillère, une guirlande ou autre, libre à vous mais restez simple.

Pour la lumière : Selon la règle du nombre d’or (selon lequel auraient été construites nombre d’œuvres d’art, dont les pyramides d’Égypte) choisissez de positionner votre source de lumière de telle sorte qu’elle recouvre soit 1/3 de l’objet (priorité ombre), soit 2/3 de l’objet (priorité ombre) pour éviter le 50/50. Dans mon exemple, priorité lumière.

FORME : Aujourd’hui nous étudions l’ombre et la lumière sur des objets, à l’aide de quatre valeurs, du clair au foncé, créées en peinture (mes couleurs sont juste un exemple).

TON TRÈS CLAIR = dans la lumière = clémentines: blanc + orange = tasse: blanc + vert bleu

TON CLAIR = légèrement ombré = clémentines: orange + blanc = tasse: vert bleu

TON INTERMÉDIAIRE = nettement ombré = clémentines: orange + terre = tasse: vert bleu + terre

TON FONCÉ = dans l’ombre = clémentines: terre + bleu = tasse: terre + rouge

1. Commencez par installer votre nature morte et sa lumière.

2. Confectionnez votre palette pour obtenir quatre valeurs comme décrites ci-dessus. 3. Esquissez votre nature morte dans son ensemble, à l’aide de votre TON CLAIR.

4. Commencez à ombrer selon votre nuancier en épousant la forme de l’objet.
5. Les clémentines (majorité d’orange/complémentaire bleu pour l’ombre) et la tasse (majorité de vert bleu/ complémentaire rouge) ont leur propre nuancier.

ON REMARQUE : La lumière frappe la tasse à l’extérieur à droite, et à l’intérieur à gauche.
Du côté le plus noir, il y a un liseré de lumière qui est le reflet de la lumière du mur ou de la table.

6. Dessinez les ombres portées : les ombres créées par les objets eux-mêmes au sol ou sur les autres objets. Par exemple, l’ombre au sol à gauche de la clémentine, l’ombre de la clémentine sur sa comparse. ATTENTION : l’ombre portée n’est jamais aussi forte que la plus noire des ombres, on utilise le TON INTERMÉDIAIRE.

7. Finalisez en travaillant ce qu’il se passe autour des objets : ombre dans le fond, le carton, les détails de la boule de noël transparente (elle a une plume à l’intérieur !).

cours de dessin #10 LE MATIN DE NOËL (OMBRES ET LUMIÈRE)

  1. INSPIRATION

 La semaine dernière nous avons fait le point. J’ai entendu une demande de liberté, de lâcher prise et aussi de technique et méthode pour mieux maîtriser le dessin. Voici une méthode simple qui vous permet d’appréhender l’ombre et la lumière par les valeurs. Je vous invite à créer votre propre nature morte ou installation sur le thème « Le matin de noël ». Tout simple.

  1. INVESTIGATION

 Jean Siméon Chardin (1699-1779 Paris), « maître de la nature morte ».

Paul Cézanne (1839-1906 Aix-en-Provence) post-impressionniste, « conforme à son authentique sentiment intérieur et transposant la sensation visuelle dans une construction purement plastique ».

Pablo Picasso (1881 Malaga-1973 Mougins)

  1. INVITATION

TEMPS : 90 minutes.

 OUTILS : Trois crayons HB*, 2B**, 4B**, une feuille, une gomme, un taille crayon.

Pour la nature morte : Un à cinq objets qui vous font penser au matin et/ou noël. Dans mon exemple : une tasse, deux boules de noël sur un carton posé près d’une fenêtre. Si vous souhaitez ajouter une théière, une cuillère, un bol, une guirlande ou autre, libre à vous mais restez simple.

Pour la lumière : Selon la règle du nombre d’or (selon lequel auraient été construites nombre d’œuvres d’art, dont les pyramides d’Égypte) choisissez de positionner votre source de lumière de telle sorte qu’elle recouvre soit 1/3 de l’objet (priorité ombre), soit 2/3 de l’objet (priorité ombre) pour éviter le 50/50. Dans mon exemple, priorité lumière sur la tasse.

FORME : Aujourd’hui nous étudions l’ombre et la lumière sur des objets, à l’aide de quatre valeurs de noirs créés par les crayons HB*, 2B**, 4B**.

*H= hard. La mine assez dure, crée un trait fin et léger.
**B= black. La mine plus grasse (plus le numéro est élevé plus la mine est grasse) crée un trait plus large et plus foncé.

  1. Commencez par installer votre nature morte et sa lumière.
  2. Avec les crayon HB ou 2B, faites une esquisse de votre installation dans son ensemble.
  3. Corrigez les erreurs d’ellipses à la gomme (l’ellipse du dessous de la tasse est parallèle a celle du dessus) ou de plans (vérifiez quel objet est positionné devant lequel).
  4. Dessinez deux flèches pour indiquer d’où vient la lumière.
  5. Commencez à ombrer selon votre nuancier, avec des hachures qui suivent la forme de l’objet :

5.1 BLANC du papier      =          dans la lumière

HB       =          légèrement ombré

2B        =          nettement ombré

4B        =          dans l’ombre (à l’opposé de la lumière)
ON REMARQUE : La lumière frappe la tasse à l’extérieur à droite, et à l’intérieur à gauche.
Du côté le plus noir, il y a un liseré de lumière qui est le reflet de la lumière du mur ou de la table.

  1. Dessinez les ombres portées : les ombres créées par les objets eux-mêmes au sol ou sur les autres objets. Par exemple, l’ombre au sol à gauche de la tasse, l’ombre de la boule de noël sur la droite de la tasse. ATTENTION : l’ombre portée n’est jamais aussi forte que la plus noire des ombres, on utilise donc un HB ou 2B.
  2. Finalisez en travaillant ce qu’il se passe autour des objets : ombre portée du carton sur la table, nuance du carton.

 

Cours de dessin/peinture #9 – CE QUI ME TOUCHE/ME PASSIONNE/M’OBSÈDE

Phoebe Unwin, Milk

1. INSPIRATION

Je me rends compte que donner des cours de dessin est un art très délicat car il demande beaucoup de convictions. « C’est comme cela que l’on dessine un nez », « en peinture, c’est de l’ombre à la lumière », « il faut d’abord connaître la technique pour ensuite s’en libérer »… Or, moi, j’ai très peu de conviction. J’ai surtout des questions, dont une fondamentale : qu’est-ce qui me guide ? Lorsque je peins, qu’est-ce qui me guide à choisir cette couleur plutôt que celle-ci, à peindre en aplats plutôt qu’à la pointe du pinceau ? Quel est mon critère de satisfaction ? Quand est-ce que ma toile est finie ?

Idéalement, le corps prend le dessus et la question s’efface : « Quand est-ce que ma toile est finie ? Elle est finie, c’est tout. Je le sais. Je le sens. J’ai tout dit. Il n’y a rien à ajouter et rien à retirer.» Mais commentarrive-t-on à cette assurance? En pratiquant évidemment. Dessiner. Peindre. Et ainsi AFFINER SON RESSENTI.

Ainsi donc, ce premier trimestre, je vous ai posé des questions, proposé plusieurs approches créatives pour entrer dans le dessin ou la peinture, nous avons même fait quelques cours académiques sur le corps et le portrait avec des méthodes préexistantes. Et bien tout ceci ne servait qu’à une chose : AFFINER VOTRE RESSENTI. Pour que vous puissiez sentir ce qui vous fait vibrer, ce qui vous barbe, ce que vous recherchez en ce moment, ce dont vous avez besoin pour avancer. Je vous invite donc aujourd’hui à faire le point sur tout ça.

2. INVESTIGATION

J’en profite pour vous montrer mes dernières peintures et mon ressenti qui va avec:

1. « J’aime bien ce tableau parce que je suis partie d’une vision simple : mon grand-père endormi, et d’une sensation claire : le matin juste après avoir ouvert les volets. »

2. « Je trouve ce tableau (pas fini) illisible, saturé, trop d’idées dedans. Je suis perdue. » 3. « C’est un tableau de Phoebe Unwin, une artiste anglaise que j’aime beaucoup. J’aime le fait qu’on ne comprenne pas tout tout de suite, et pourtant l’image est simple. Voyage. Valise. Homme. »

EN RÉSUMÉ

1) Ce qui me touche/me passionne/m’obsède, ce sont les sensations que je ressens et d’arriver à les retranscrire.

2)  Ce qui me manque/me frustre c’est que je trouve mes tableaux trop compliqués, embrouillés, j’ai trop d’idées par tableau.

3)  Si j’étais une artiste confiante et libre, j’oserai être simple et maladroite.

4)  Au deuxième trimestre, je souhaite explorer la simplicité néenderthalienne dans ma série de tableaux de la vie quotidienne !!

A vous de jouer !

3. INVITATION

TEMPS : Partie 1 : 30 minutes. Partie 2 : 90 minutes.

OUTILS : Prenez un moment pour faire le point (partie 1). Puis commencez tout de suite, en explorant en dessin/peinture ce qui vous touche (partie 2). Utilisez vos fonds de la dernière fois, des photos/images qui vous inspirent, à partir desquelles vous voulez travailler.

FORME :

Partie 1 : L’idée est de faire le point pour découvrir ce qui est important pour vous en dessin/peinture en ce moment. Et ainsi commencer à lancer des idées sur ce que vous aimeriez explorer au 2è trimestre.

Faites l’exercice suivant :

=> Regardez vos dessins/peintures depuis le début de l’année et demandez-vous (écrivez vos réponses sur une feuille) :

  • Qu’est-ce que j’aime bien ?
  • Pourquoi ?
  • Qu’est-ce que j’aime moins ?
  • Pourquoi ?
  • Où est-ce que je me sens coincée ?
  • Qu’est-ce qui me frustre ?
  • Qu’est-ce que j’ai envie de développer ?

=> Allez fouiller dans vos cartes postales, vos images préférées, vos peintres fétiches:

  • Qu’est-ce qui me touche dans ce tableau?
  • Qu’est-ce que j’aime tant ?

=>  Qu’est-ce que j’ai envie de développer au deuxième trimestre ?
(Les proportions ? L’expression ? La composition ? Dessiner de façon réaliste ? La couleur ? Le corps ? Le paysage ? Le portrait ? La liberté du geste ? Les lumières ? etc.)

=>  Si j’étais un artiste confiant, reconnu, non limité par l’espace ou l’argent, quel serait mon prochain projet ?

=> Relisez vos notes. Si vous deviez ne choisir qu’une seule piste à explorer, laquelle serait- elle ?

EN RÉSUMÉ (complétez les phrases)

1)  Ce qui me touche/me passionne/m’obsède, c’est…

2)  Ce qui me manque/me frustre c’est …

3)  Si j’étais un(e) artiste confiante et libre, je …

4)  Au deuxième trimestre, je souhaite explorer …

Partie 2 : Vous avez 90 minutes pour explorer votre souhait du deuxième trimestre !

Si vous souhaitez développer le portrait, regardez le cours sur le portrait à nouveau! Si c’est la nature qui vous inspire, ou bien les gestes en peinture, expérimentez! S’il s’agit d’acquérir une technique particulière, regardez sur internet ou posez moi la question dans le groupe Facebook de dessin ou de peinture.

Amusez-vous!

Juliette June

Cours de peinture #8 – SIX PERSONNAGES EN QUÊTE D’AUTEUR

Jan Van Imschoot (1963-) belge
  1. INSPIRATION

« Peu importe la forme pourvu qu’elle ait du caractère ». J’ai suivi une master class avec le peintre Henri Guibal récemment et il n’a cessé de citer cette phrase d’Auguste Rodin. En clair, vous essayez de peindre une main, mais vous n’êtes pas sûr de sa forme, tant pis : peignez-la avec toute votre confiance. Aujourd’hui nous allons nous exercer à peindre des personnages, six pour faire écho à Pirandello. Mieux que reproduire six personnages, nous allons être auteur et les inventer ! Comment peindre six personnages, de six façons complètement différentes ?

  1. INVESTIGATION

Jean-Michel Basquiat (1960-1988) peintre américain.

Le Tintoret (1519-1594), peintre italien de la renaissance.


Daniel Richter (1962-) peintre allemand.

  1. INVITATION

TEMPS : 90 minutes. 

OUTILS : Acrylique, huile sur toile. Utilisez votre fond de la semaine dernière, ou une toile en cours, ou bien neuve. Des photos, mais aussi des croquis, votre mémoire et imagination.

FORME : L’invitation consiste à créer une mise en scène sur votre fond avec six personnages et que chaque personnage soit peint différemment. Non seulement, leur caractère, leur forme, mais surtout le trait, la technique utilisée. Par exemple, vous pouvez vous inspirer d’une photo pour le premier et le peindre de façon ultra-réaliste. Vous pouvez, pour le second partir d’un vieux croquis que vous auriez fait dans le métro ou sur la plage, et le peindre par la ligne, le troisième sort de votre mémoire et reste flou, le quatrième est imaginaire et peint par la contre-forme… etc. A vous de jouer !

Cours de dessin #8 – SIX PERSONNAGES EN QUÊTE D’AUTEUR

Jean-Michel Basquiat, untitled, ink drawing, 1981
  1. INSPIRATION

 « Peu importe la forme pourvu qu’elle ait du caractère ». J’ai suivi une master class avec le peintre Henri Guibal récemment et il n’a cessé de citer cette phrase d’Auguste Rodin. En clair, vous essayez de dessiner une main, mais vous n’êtes pas sûr de sa forme, tant pis : dessinez-la avec toute votre confiance. Aujourd’hui nous allons nous exercer à dessiner des personnages, six pour faire écho à Pirandello. Mieux que reproduire six personnages, nous allons être auteur et les inventer ! Comment dessiner six personnages, de six façons complètement différentes ?

  1. INVESTIGATION 

Jean-Michel Basquiat (1960-1988) peintre américain.

 

Irvin Petlin (1934-) peintre pastelliste américain.

 

Daniel Richter (1962-) peintre allemand.

  1. INVITATION

 TEMPS : 90 minutes.

OUTILS : Crayon, pastel sur papier. Des photos, mais aussi des croquis, et votre mémoire et imagination.

FORME : L’invitation consiste à créer une mise en scène sur votre papier avec cinq personnages et que chaque personnage soit dessiné différemment. Non seulement, leur caractère, leur forme, mais surtout le trait, la technique utilisée. Par exemple, vous pouvez vous inspirer d’une photo pour le premier et le dessiner au crayon de façon ultra-réaliste. Vous pouvez, pour le second partir d’un vieux croquis que vous auriez fait dans le métro ou sur la plage, et le dessiner par la ligne à l’encre, le troisième sort de votre mémoire et reste flou, le quatrième est imaginaire et dessiné à la gomme….etc. A vous de jouer !

Cours de peinture #7 LE FOND QUI RACONTE

Rothko, blue green blue, 1961
  1. INSPIRATION

J’ai longtemps cru que la peinture se faisait en une couche (ce qui est tout à fait possible, mais je croyais que c’était la seule façon). J’avais mon idée en tête, je peignais ma couche opaque et lorsque j’avais rempli la toile, l’œuvre était finie ! Pourquoi pas ? Malheureusement la plupart du temps, l’effet ne me plaisait pas et lorsque j’ajoutais une deuxième couche, je me retrouvais avec une peinture bouchée. J’ai bien essayé sur d’autres toiles de diluer ma première couche mais j’étais toujours dans le dessin de mon idée. Et puis j’ai découvert les joies du fond. Le fond qui laisse venir à nous les idées. L’inverse, tout compte fait !

Certaines personnes ont besoin de partir d’une idée précise ou d’une photo pour commencer sur la toile, d’accord, allez-y mais ne vous y attachez pas trop, laissez-la voguer, cette idée vous emmènera peut-être ailleurs (voir mon article “et la balade ?” ). Pour les autres, essayez de partir de la mémoire d’un lieu, des sensations qui y sont liées. Pour commencer, Francis Bacon préférait marcher sur sa toile et la salir! (Merci Henri Guibal pour l’anecdote). Quelque soit le point de d’entrée, nous créons au fur et à mesure que nous peignons, et nous ne savons pas où nous allons.

  1. INVESTIGATION

Francis Bacon (1909-1992) peintre anglais.

Mark Rothko (1903-1970) peintre américain

 

Jean-Marie Salanié (1960-) travaille à Saubion. Il expose au fond Labégorre jusqu’au 2 déc 2017.

 

  1. INVITATION

TEMPS : 90 minutes.

 OUTILS : Libre ! Une toile, de l’acrylique, de l’huile, du gras, de la paille, des chiffons. Comme porte d’entrée : la mémoire d’un lieu, une sensation, un souvenir ou des photos mais si vous choisissez une photo : utilisez un aspect seulement, une couleur, un effet ; son sujet ne sera pas forcément attaché à la suite de la peinture (La semaine prochaine nous y intègrerons des personnages). 

FORME : L’idée basique est de faire un fond pour le cours de la semaine prochaine. En réalité, ce que je vous propose est un voyage : prenez le temps d’observer la toile blanche, ce qu’elle vous raconte déjà. C’est un espace où les matériaux que vous choisirez vont laisser une trace, puis une autre, sans chemin prédéterminé. On ne cherche ni le beau, ni le pratique (« si on va y mettre des personnages, il faut un sol et un plafond »). On cherche la sensation de la texture, de la couleur, de la transparence. Commencez bien dilué pour vous donner de l’espace de jeu le plus longtemps possible.

Cours de dessin #7 LE FOND QUI RACONTE

Riette Wanders, fusain, 2016

 

  1. INSPIRATION

Dans l’histoire de l’art, le dessin est souvent utilisé comme un outil d’étude, soit en amont de la peinture ou de la sculpture, pour préparer sa composition par exemple, soit pendant l’acte de peindre, on va alors griffonner sur un papier pour clarifier le détail d’une main ou d’un objet et ensuite le restituer sur la toile, soit en dehors, pour simplement pratiquer et libérer le geste. Il est vrai que s’entraîner à dessiner est bénéfique lorsqu’on se retrouve face à la toile et c’est pourquoi dans ces cours, nous avons des moments d’observation académique (cours #1 la plante, #3 le portrait, etc). Cependant, il est aussi intéressant de prendre le temps d’expérimenter le dessin en tant que recherche artistique, aussi valable que la peinture. Pourtant, l’idée d’un dessin comme « une fin en soi » peut nous menotter.

C’est pourquoi je vous invite aujourd’hui à voir votre dessin non pas comme une œuvre finie, mais comme un espace de propositions. Pour cela, nous allons plonger dans le fond du papier, sans idée préconçue, en laissant le papier et le matériau nous guider, et créer ce qui nous servira de support au prochain cours.

  1. INVESTIGATION

Lionel Sabatté lauréat 2017 Drawing now. Fond au charbon et épices, dessin à l’acrylique.

 Frédéric Poincelet (1967) artiste français. Fond lavis encre/aquarelle avec lignes horizontales au stylo bille

Katherine Murphy (1976-) artiste anglaise. Fond texte imprimé (?), dessin dessus au crayon.

  

  1. INVITATION

TEMPS : 90 minutes.

 OUTILS : Libre ! Crayon, pastel, fusain, gomme, encre, aquarelle, papier, chiffon, plante.

Et comme porte d’entrée : la mémoire d’un lieu, une sensation, un souvenir ou des photos mais si vous choisissez une photo : utilisez un aspect seulement, une couleur, un effet ; son sujet ne sera pas forcément attaché à la suite de la peinture. (la semaine prochaine nous y intègrerons des personnages).

FORME : L’idée basique est de faire un fond pour le cours de la semaine prochaine. Mais en fait, ce que je vous propose est un voyage : Prenez le temps d’observer le papier blanc, ce qu’il vous raconte déjà. C’est un espace où les matériaux que vous choisirez vont laisser une trace, puis une autre, sans chemin prédéterminé. On ne cherche ni le beau, ni le pratique (« si on va y mettre des personnages, il faut un sol et un plafond »). On cherche la sensation de la texture, de la couleur, de la transparence. Commencez petit à petit, restez en transparence au début, pour faire perdurer l’espace de jeu le plus longtemps possible.

 

Cours de dessin/peinture #6 UN PEU D’ANATOMIE

Michelangelo, Study for Adam, 1511
  1. INSPIRATION

 A Londres, un des artistes qui louait un atelier dans le même bâtiment que le mien m’a un jour donné un livre: « Anatomy for artists ». Je l’ai feuilleté mais jamais vraiment utilisé. J’avais étudié l’anatomie aux cours public de nu des Beaux-Arts à Paris et lors de ma prépa d’art. Moi qui, en ce moment, souhaite sortir du réalisme photographique, peindre d’après mes sensations, de mémoire ou d’imagination, je pensais que mes bases étaient suffisantes. Que neni ! Lorsque j’ai compris que mes étudiants d’Ilargi Taldea ne me laisseraient pas me défiler sur les cours d’anatomie, j’ai rouvert ce livre et j’ai redécouvert les dessins de Michaelangelo, Da Vinci, Albinus. Une mine d’or ! Je vous propose ici, non pas un cours d’anatomie complet digne des maîtres, mais simplement, un jeu pour vous faire rentrer dans le monde des os et des muscles de votre propre corps.

  1. INVESTIGATION

Frantisek Kupka (1871 -1957), peintre tchèque, impressionniste, cubiste, abstrait: « Ma peinture, abstraite ? Pourquoi ? La peinture est concrète : couleur, formes, dynamiques. Ce qui compte, c’est l’invention. On doit inventer et puis construire ». in Serge Fauchereau, Kupka,1988.

Koloman Moser (1868-1918), peintre autrichien, représentant de l’art nouveau avec Klimt, culte de la ligne.

Ron Mueck (né en 1958 à Melbourne), sculpteur australien travaillant en Grande-Bretagne, hyperréaliste en variant les échelles des sculptures.

  1. INVITATION

TEMPS : Étape 1, 2 &3 : 45 minutes. Étape 4 : 75 minutes.

OUTILS : Des photos de personnes ou des dessins de Michelangelo, corps habillés ou nus, debout ou assis, de face et de dos.
Etape 1, 2 & 3 feutre ou crayon gras sur papier calque. Etape 4 : libre.

FORME : 4 étapes.

Étape 1 : OBSERVATION DU SQUELETTE ET DES MUSCLES

ZOOM SUR LE BRAS / TORSE

  • Observez les points de jonction au niveau de l’épaule, du coude et du poignet.
  • Observez le muscle qui entoure l’épaule et la place de l’omoplate.
  • Observez la forme des muscles du bras dessiné ci-dessus: plus petit à l’intérieur, plus long à l’extérieur.

ZOOM SUR LA JAMBE

  • Observez les points de jonction au niveau de la hanche, du genou, de la cheville.
  • Observez le muscle qui entoure l’os iliaque au niveau de la hanche.
  • Observez la forme des muscles de la cuisse: de face, double courbe à l’intérieur, courbe allongée à l’extérieur.
  • Observez la forme du muscle du mollet : de face, courbe plus petite et plus ronde à l’intérieur et plus allongée à l’extérieur.

Étape 2 : TRACER LES LIGNES MEDIANES ET TRANSVERSALES, LES JOINTS ET LES OS

CORPS DE FACE

  1. Posez votre papier calque sur un corps de face.
  2. Tracez la ligne médiane : elle traverse tout le milieu du corps, passe par le creux du cou, le pubis et s’arrête au sol au niveau du point d’appui.
  3. Tracez la ligne transversale des épaules et des hanches.
  4. Tracez les points de jonction (épaule, coude, poignet, hanche, genou, cheville) et reliez les lignes en suivant grossièrement les os du corps.

CORPS DE DOS

Suivez la même consigne sur un corps de dos.

CORPS ASSIS

Suivez la même consigne sur un corps assis.

Étape 3 : PLACER LES VOLUMES : TORSE, CAGE THORACIQUE, VENTRE, JAMBES, BRAS

CORPS DE FACE

  1. Placez les volumes du torse, de la cage thoracique, du ventre.
  2. Placez les volumes des hanches, jambes et bras.
  3. Finissez par la tête en utilisant la méthode du cours #3 sur le portrait.

CORPS DE DOS, CORPS ASSIS

Suivez la même consigne sur un corps de dos et assis.

Etape 4 : DESSINER / PEINDRE LE CORPS

À vous de jouer ! Choisissez une de vos photos et appliquez ce que vous avez découvert.

En dessin, pensez à ne pas redresser votre modèle ! Attention à la ligne des hanches, elle est rarement parallèle avec celle des épaules. Essayez de faire rentrer tout le corps dans la feuille de papier.

En peinture, peignez le volume global du corps et venez ensuite peindre les volumes des muscles à l’intérieur.